Xavier Cormier

Dans les mains de Tytire la ceinture de Vénus se morcelle (nacres 1 à 3/4)

2021 | résidus de nacre, papier | 50 x 32 cm (encadrée) | S10

Tytire est la figure de l’homme simple par excellence, tandis que Vénus et sa ceinture symbolisent le sublime. Juxtaposer ces emblèmes me permet d’insister sur l’ambivalence des résidus de nacres mis en valeur dans la série Dans les mains de Tytire la ceinture de Vénus se morcelle. Prélevés dans les remblais de l’abbaye royale de Fontevraud, ces résidus de coquillages ont été façonnés par la main des prisonniers/ouvriers de l’usine de boutons installée au sein de la cité monacale, durant sa période carcérale. Ce sont donc des fossiles de gestes, des rebuts, grâce auxquels je recompose un langage où cohabitent le sublime et la vanité de cette industrie. Dans la scène Tytire retenant les particules d’étoiles, le personnage est réduit à une essence minimale. Il est incarné par des formes géométriques perceptibles tour à tour comme des patères, des débuts de mains ou des cages thoraciques. Il est figuré manipulant de pauvres lambeaux de cuir. Ces derniers sont générés par la répétition du geste obsessionnel de prélèvement des minuscules portions de cuir à l’œuvre dans mon travail depuis 2019, qui fait écho au labeur des prisonniers. Ce sont autant de résidus de la ceinture de Vénus. J’associe ces gestes des arts appliqués, une esthétique épurée et un début de narration héroïque pour provoquer un sentiment ambivalent sur le fil du sublime et de l’effroi.

Issu du Portfolio de l’artiste

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