Wilfrid ALMENDRA

Killed in Action II

2013 | Sérigraphie | 102 x 72 cm (encadrée) | EAI01

Pour sa série Killed in Action (Case Study Houses), 2009, Wilfrid ALMENDRA s’est inspiré d’un programme architectural iconique de l’après-guerre aux États-Unis, qui visait à construire des maisons modèles, à la fois modernes, fonctionnelles et économiques, afin de répondre au boom immobilier provoqué par la fin de la Seconde Guerre mondiale. Ce programme, qui coïncide avec le début du développement à outrance du modèle d’urbanisme pavillonnaire, a également défini l’archétype de la villa californienne, ainsi que le style de vie et l’imaginaire qui y sont liés et qui se sont depuis répandus et épanouis dans tout l’Occident. Mais, de la même façon qu’il existe un abysse entre les maisons modèles d’architectes du programme et la réalité pavillonnaire telle qu’elle s’étale désormais en banlieue des villes, Wilfrid ALMENDRA réinterprète dans sa série de dix sculptures murales autant de maisons qui sont restées à l’état de projet, en imaginant, à coup de techniques de bricolage, de matériaux de récupération chargés d’histoires et de références autobiographiques, leur devenir si d’aventure elles avaient été construites. Parmi les utopies socio-architecturales de l’après-guerre, Wilfrid ALMENDRA est particulièrement intéressé par New Babylon, projet développé à partir de 1959 par l’artiste hollandais Constant NIEUWENHUIS (1920-2005), qui visait à bâtir une ville situationniste sociale, construite en hauteur, libérée du sol, lieu d’épanouissement pour ses habitants. Dans sa sculpture monumentale éponyme (New Babylon, 2009), Wilfrid ALMENDRA s’inspire d’un module urbain en forme d’étoile irrégulière imaginé par Constant : le module est à la fois suspendu, comme si le rêve de Constant de se libérer de la pesanteur de l’histoire pouvait enfin se réaliser, et « pavillonnarisé » par une couche de gros crépi et de marqueterie de bois. Au sol, une plateforme blanche reprend le plan standard d’une maison de constructeur, les différents niveaux correspondant chacun à une pièce. Entre les deux, prenant racine dans le socle et traversant le module, un cyprès relie la réalité à l’utopie, symbolisant la situation de l’homme, les pieds dans les traites à 30 ans sur la maison et la tête dans le rêve.

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