Pierre-Yves HÉLOU

Se fondre dans la masse- Apprivoiser son environnement -S’intégrer

2013 | Photographie | 70 x 50 cm (encadrée) | PAI19

« Importe la route », 2013, en haut du mont Lozère.

(…) La photographie s’impose, magistrale. Du chantier, il n’a apporté qu’une bâche « légère et facile à transporter dans un sac à dos ».
À cette économie de matière, il adjoint son propre corps, assumant le glissement de sa rhétorique plastique vers un postulat performatif.
Les outils sont alors empruntés au contexte, le temps d’une série d’actions où cohabitent sérieux et dérision. Sur l’une des photographies, il apparaît turgescent, en prise directe avec la matière. Totalement encapé de cette fameuse bâche polyéthylène, il oppose sa stabilité à la force du vent. En voyant cette œuvre pour la première fois, j’ai tout de suite pensé au Balzac d’Auguste Rodin décrit par Rosalind Krauss, dans son ouvrage Passages.
Une histoire de la sculpture de Rodin à Smithson. Quelque 115 années après la réalisation de cette sculpture, Pierre-­‐Yves Hélou nous propose un Balzac décapité. L’acte de détermination, la volonté du sujet représenté s’appréhendent non plus par l’élévation de notre regard mais bien par son cheminement horizontal, d’une photo à l’autre.
De dos ou en marche, comme un manifestant qui aurait perdu son cortège, il promène son drapeau/bâche translucide comme un objet de revendication poétique et burlesque. Pierre-­Yves affirme – ou plutôt réaffirme – son « être » artiste aujourd’hui. Plus tard, la bâche quitte le corps. Elle se retrouve alors progressivement livrée à elle-même, finalement soumise au vent. L’étoffe s’envole comme un linceul qu’on abandonne.
Dans le silence de la contemplation, il me vient alors l’envie de me projeter dans ce paysage vallonné pour y chanter crescendo et à pleins poumons C’est extra.
Pierre-­‐Yves Hélou poursuit sa route, parfois douce et parfois rance. Braconnier du rebus, flibustier des chantiers, il n’oublie jamais de rapporter un caillou, souvenir de voyage qui viendra augmenter son butin caché. Enfin, il exploite et assume le nouveau tournant s’offrant à sa pratique artistique : la performance et les autoportraits happening. Le corps en chantier.
Extrait du texte de Hélène Cheguillaume.

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