Marie DROUET

Sibérie. Vue d’en haut en vert

Dessin à l’encre acrylique | 92 x 65 cm (encadrée) | EAM33

Jean-Claude Pinson
– à l’occasion de l’exposition Thinking landscape à la galerie Satoshi Koyama, Tokyo, avril 2012 –

Réinventer le paysage

Interroger le paysage, l’arracher aux stéréotypes, voilà à quoi s’emploie Marie Drouet, à l’exact confluent d’un travail sur la chevelure tirant le dessin vers l’abstraction et d’une pratique renouvelée du paysage.

Dans un texte fameux de 1931, Walter Benjamin analysait le recours à la retouche comme une pauvre « revanche du mauvais peintre sur la photographie ». Marie Drouet ne pratique pas la retouche mais fait appel à la découpe et à la dérivation, à l’hybridation. Elle part de fragments photographiques, pour inventer à partir d’eux des lignes de fuite qui nous font voyager loin des habituels repères, tant spatiaux que culturels, propres à l’Occident. Elle « désoccidentalise » le paysage – et tout autant nous désoriente.

La photographie, ajoute Walter Benjamin, cherche à capturer la « petite étincelle de hasard grâce à laquelle le réel a pour ainsi dire brûlé un trou dans l’image ». Marie Drouet se saisit de cette étincelle, s’engouffre dans le trou ménagé par la photographie et s’en va explorer l’envers du décor. D’autres espaces alors se découvrent où la syntaxe paysagère invente une musique nouvelle où eaux et montagnes ne cessent d’échanger leurs rôles.
Tantôt c’est un petit paysage qui surgit au détour de la feuille, comme un haïku bariolé des plus fraîches couleurs. Tantôt c’est un paysage biface qui semble étirer en hauteur les plis soyeux de son oriflamme : autre musique encore, qui n’est l’hymne d’aucun pays, mais l’étendard arc-en-ciel d’une beauté qui laisse flotter au vent sa chevelure et que l’artiste invite à découvrir dans les plis du paysage qu’elle invente.

POINT TECHNIQUE
1 crochet x au mur ou 1 vis

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