Benoit TRAVERS

Ébrèchement blanc #2

2020 | Papier, structure acier | 42 x 18 x 10 cm | S07

Tes dernières sculptures, comme Ébrèchements blancs, sont constituées de papier que tu as collé puis scié. Ces pièces sont-elles les témoins d’un désir de diversification et de recherche de nouveaux gestes à expérimenter ? Et comment abordes-tu la notion d’expérimentation dans ton travail ?

Effectivement les dernières pièces se composent à partir de matériaux divers tels du papier, du verre, des sources lumineuses en rubans de LED. À chaque matériau correspond un geste différent comme « marteler » le bois ou le métal, « déchirer » les tissus, « scier » le papier, « taillader » le câble, « abraser » le verre. Les projets émergent en fonction des contextes, ceux-ci déterminent les matériaux que j’utilise.  C’est l’observation, la marche, le fait d’enquêter qui met en route le projet. Cependant si l’expérimentation se concentre sur la relation entre l’action et le matériau dans l’instant, dans le maintenant ( « main tenant » )  l’œuvre ne se résume pas à cela. L’œuvre est investie d’investigations, de strates de sens, de niveaux de lectures possibles qui vont de l’interrogation sur le média lui même, de l’emprunt à la tradition artisanale ou historique jusqu’au détournement par l’action. Je n’explore pas un minimalisme ou une abstraction radicale, cela ne fait pas partie à ce jour des mes langages de créateur et souvent je travesti toute technique donc à minima cela parle de cela. Je n’aime pas respecter les règles du bon usage des outils et des savoirs-faire. J’ai la sensation de n’avoir appris que comme autodidacte, en détournant sans cesse l’enseignement que l’on a tenté de me transmettre.

Extrait de l’entretien réalisé par Adeline Têtue / Galerie RDV et Benoît Travers

 

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